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Ce qui n'apparaît pas dans le CV

Soraya Mohamedi Mohamed · Ubuntu Canarias · 3 min de lecture

Un jeune homme en bleu de travail répare le moteur d'une voiture dans un garage. Sur une petite photo, le même jeune apprend aux côtés d'un homme plus âgé, avec un paysage côtier de Gran Canaria en arrière-plan.
Image d'illustration.

Cela me fait beaucoup de peine de tomber sur des CV de personnes migrantes, et surtout de jeunes arrivés mineurs, complètement édulcorés. Des CV où il n'y a presque rien.

Bien souvent, je sens qu'il y a derrière beaucoup plus à raconter, mais que quelqu'un a oublié de poser la question. Ou qu'eux-mêmes ne savent pas encore quelle part de ce qu'ils ont vécu et appris peut avoir de la valeur dans un travail. Et c'est ainsi que tombe dans l'oubli justement ce qui pourrait être leur point fort.

Le garçon des moteurs

Je me souviens d'un garçon qui avait appris au Maroc, avec son père, à réparer des moteurs de voiture et aussi à les peindre. Quand j'ai vu son CV, il n'y en avait aucune trace.

Nous en avons parlé et nous l'avons ajouté, parce que ce n'était pas « aider son père ». Il avait des connaissances pratiques en réparation et entretien de véhicules, il savait manier les outils, il avait travaillé sur des moteurs et il connaissait un métier qui, en plus, lui plaisait.

Puis autre chose est apparu. Il envoyait des CV pour la restauration. Pas parce que c'était ce qu'il voulait, mais sans doute parce que cela lui semblait le plus accessible. Ce qui l'intéressait, c'était les voitures.

Cela ouvrait un autre chemin : chercher une formation dans l'automobile, la mécanique, la carrosserie et la peinture, selon ses capacités et ce qui l'intéressait.

Je ne sais pas s'il finira par travailler dans ce secteur. Ce que je sais, c'est que si personne ne lui demande ce qu'il a appris, ce qu'il sait faire et ce qui l'intéresse vraiment, cette possibilité n'apparaît même pas.

D'autres questions

C'est pour cela que, quand j'accompagne quelqu'un dans sa recherche d'emploi, il ne me suffit pas de demander « quelle expérience professionnelle as-tu ? ». Parfois, il faut poser d'autres questions :

  • Qu'as-tu appris, et qui te l'a appris ?
  • Que sais-tu faire de tes mains ?
  • À quoi aidais-tu dans ton pays, ou dans ta famille ?
  • Quelles tâches faisais-tu, même sans contrat ?
  • Qu'aimes-tu faire, et qu'est-ce que tu fais bien ?
  • Quel métier aimerais-tu apprendre ?

Tout ce qui a une valeur professionnelle n'apparaît pas dans un relevé de carrière et ne s'accompagne pas toujours d'un certificat. Avec les personnes migrantes, si l'on ne regarde que le CV qu'elles apportent, on peut laisser de côté une part importante de leur parcours.

L'orientation commence souvent là, en posant des questions sur ce qui n'est pas écrit.

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Nous accompagnons les personnes migrantes dans leur processus d'intégration sociale, professionnelle et communautaire aux îles Canaries.

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